Accusée pendant les canicules de l’été de bloquer l’installation de systèmes de refroidissement, la RE2020, la norme qui s’impose désormais à la construction de logement en France, fait l’objet d’un réexamen officiel : un rapport remis au ministère propose déjà des pistes d’assouplissement.
La RE2020 est entrée en révision et la norme de construction n’a pas attendu la canicule pour le faire. Un décret publié dès mars 2026 a assoupli certaines rigidités pesant sur la qualité des logements, selon les mots du ministre du Logement Vincent Jeanbrun. De plus, le champ d’application de la réglementation a été étendu en mai 2026 à de nouvelles catégories de bâtiments, dont les établissements de santé, les crèches et les Ehpad, particulièrement exposés aux risques liés à la chaleur. À la suite du rapport remis au ministère par Robin Rivaton, la ministre Valérie Létard avait déjà ouvert une phase d’ajustement et de concertation. Les fortes chaleurs de l’été 2026 ont accéléré ce mouvement, plusieurs élus accusant la réglementation de bloquer l’installation de systèmes de refroidissement dans les logements neufs.
Une pénalisation plutôt qu’une interdiction
L’accusation mérite d’être nuancée : la RE2020 autorise la climatisation, mais elle la pénalise dans son calcul réglementaire. La réglementation introduit un indicateur de confort d’été, dit DH, qui doit rester sous 1250 pour qu’un logement soit jugé conforme, et sous 350 pour être considéré comme réellement confortable. Dès qu’un projet intègre un dispositif de refroidissement, la consommation théorique retenue dans le calcul augmente automatiquement, ce qui oblige le maître d’ouvrage à compenser par des efforts sur l’enveloppe : protections solaires, isolation renforcée ou conception limitant les apports thermiques.
Un plafond jugé trop permissif
La réglementation a bien intégré l’enjeu du confort d’été, mais certains experts jugent le plafond actuel encore trop large. Selon Robin Rivaton, le seuil de 1250 DH revient à accepter jusqu’à vingt-cinq jours par an à plus de 28 degrés à l’intérieur du logement, un niveau d’inconfort qui alimente la controverse politique et les demandes d’assouplissement. Le débat illustre une tension structurelle entre deux objectifs : réduire la consommation énergétique des bâtiments neufs et garantir un confort thermique réel face à des étés plus chauds. Pour les professionnels, la réponse passe par une meilleure conception bioclimatique en amont des projets, davantage que par la généralisation de la climatisation.
La vision d’Ikory
Le confort d’été devient un critère de valeur. Sur les opérations que nous commercialisons, l’orientation, les protections solaires et l’inertie pèsent désormais sur la décision des acquéreurs comme sur la qualité locative des immeubles détenus en bloc. Le DH s’impose comme un indicateur de performance patrimoniale.La concertation engagée par le ministère devrait se poursuivre dans les prochains mois, pour ajuster les seuils réglementaires tout en préservant la sobriété énergétique de la RE2020. Les canicules à répétition continueront d’alimenter la pression politique en faveur d’un assouplissement plus large des règles de confort d’été, et la conception bioclimatique restera le meilleur levier.