Le marché de l’immobilier ancien stabilise son volume de transactions en 2026, mais l’allongement des délais de vente et la réticence des secundo-accédants traduisent une prudence croissante des acquéreurs, face à des prix qui stagnent sans dépasser le rythme de l’inflation nationale.
Avec 949 000 transactions en rythme annuel enregistrées en mai 2026, en hausse de 5,7 % sur un an, le marché de l’immobilier ancien confirme la stabilisation amorcée fin 2025. Ce niveau, qui correspond à un taux de rotation de 2,4 % du parc, s’inscrit dans la trajectoire de redressement engagée depuis septembre 2024, lorsque le marché avait touché un plancher de 832 000 cessions, très en deçà des pics de 2021-2022. Mais cette stabilité en volume masque une prudence croissante des acquéreurs, qui se lit d’abord dans le temps qu’ils mettent à se décider.
Les acheteurs prennent leur temps
Les délais de vente se sont allongés, passant de 99 à 105 jours selon les typologies, à mesure que les taux moyens du crédit immobilier remontaient, de 3,16 % en décembre 2025 à 3,26 % en juin 2026. Les portails immobiliers enregistrent en parallèle une hausse des annonces face à une demande qui, elle, ralentit, un indice d’essoufflement à surveiller d’ici la fin de l’année.
Des prix qui reculent une fois l’inflation déduite
Les prix, eux, restent quasiment stables, comme en 2025 : leur progression ne dépasse pas 0,9 % en moyenne nationale pour les appartements en mai, un rythme inférieur à l’inflation, synonyme d’érosion réelle de la valeur, et même de recul net en Île-de-France. À Paris, le prix moyen des appartements s’établit à 9 650 €/m² en juillet, une stabilité qui traduit surtout les limites atteintes par la capacité d’achat des ménages : les taux de crédit, bien qu’en deçà du pic de 2022, restent incompatibles avec les niveaux de prix actuels.
Les régions attendent toujours leur rebond
L’analyse territoriale confirme cette photographie contrastée. Hors Paris, les autres secteurs d’Île-de-France affichent en juillet des baisses allant jusqu’à 1,6 % pour les appartements de Seine-et-Marne, et 4,4 % pour les maisons de ce même département. Les métropoles régionales restent, elles, dans un tunnel étroit, avec des évolutions comprises entre -2,3 % et +1,3 % selon les régions.
Le vrai frein vient des propriétaires eux-mêmes
Une partie de l’atonie du marché tient à la réticence des secundo-accédants. Ayant emprunté entre 2018 et 2022 à des taux historiquement bas, inférieurs à 1,5 %, ils hésitent à revendre : la remontée des taux au-delà de 3 % se traduirait pour eux par une perte de pouvoir d’achat immédiate. Résultat, la durée de détention des biens s’allonge, de 7 à 9-10 ans, les propriétaires préférant conserver un crédit avantageux plutôt que se repositionner sur le marché.
Pour Ikory, le marché ne manque pas de liquidité, il manque de vendeurs prêts à céder leur avantage de taux. Tant que l’écart entre les crédits souscrits avant 2022 et les conditions actuelles restera aussi marqué, la rotation du parc continuera de se faire au ralenti, quel que soit l’appétit des acquéreurs.
La remontée des taux introduit un doute dans un marché qui avait pourtant retrouvé sa stabilité fin 2025. La réticence des secundo-accédants continuera de peser sur le rythme des transactions, et les prix devraient se maintenir sans dépasser l’inflation. Le lancement de la campagne présidentielle dès la rentrée 2026 ne devrait pas, à court terme, jouer en faveur d’une relance du marché.

