La crise des marchés immobiliers, déclenchée par la brusque remontée des taux en 2022, est arrivée à maturité. La baisse des prix de l’immobilier ancien, qui est restée assez modérée si on la compare à celle de la crise de 1990, tend à s’essouffler tandis que l’immobilier neuf profite de l’amélioration des conditions de financement des acquéreurs. Mais c’est sur le résidentiel classique en bloc que le rebond est le plus marqué, avec une hausse de 49% des volumes investis sur neuf mois en 2024 par rapport à la même période en 2023.
Bien que l’ajustement sur les prix ait été, comme cela est habituel, plus long à s’accomplir en France que dans d’autres pays occidentaux, l’investissement bloc résidentiel est en rebond en cette fin d’année. C’est le logement classique ancien qui profite le premier de la reconstitution de la décote entre bloc et découpe, avec des opérations d’acquisition/revente couplées avec des projets de mise en valeur des immeubles.
La contraction des volumes et des prix de l’ancien semble devoir de poursuivre au moins jusqu’à la fin de l’année. Pratiquement tous les marchés en Île-de-France et en régions suivent aujourd’hui le même chemin à un rythme qui reste modéré. La baisse des taux engagée par la BCE ne compense pas pour l’instant de manière significative l’activité, même si la tendance serait à un ralentissement de la déflation.
Le marché de l’immobilier neuf, privé de la manne des mesures fiscales et confronté à l’inflation des coûts de construction et de financement, a subi une forte crise dont il sort aujourd’hui fragilisé. Sur le fond, la rareté du foncier et les contraintes de la mutation énergétique ne facilitent pas sa résurgence, à quelques mois du démarrage des élections municipales qui, traditionnellement, ont pour effet de geler l’activité.
Note à télécharger ici : [IKORY – Note de conjoncture #19 L’immobilier résidentiel – octobre 2024]

